Le chef d'orchestre #2

Les écoles d’orchestre allemande et française : 2 visions du leadership (2/2)

 

La vision française du chef d’orchestre et du manager

 

Nous aborderons cette fois-ci le chef la direction contemporaine « à la française »

 

La direction contemporaine « à la française » ou la métaphore du manager chef d’orchestre s’appuyant sur une légitimité relationnelle et contributive. Pour un instrumentiste français, intégrer un orchestre est moins glorieux qu’en Allemagne. Chaque musicien a tendance à se vivre comme un soliste en puissance. Ainsi, les orchestres français ont souvent été perçus comme plus individualistes et plus difficiles à fédérer. De plus, les musiciens français ont très tôt affiché un goût pour la clarté et la précision. Pour répondre à ces spécificités contextuelles, les chefs d’orchestre ont été obligés d’inventer un autre style de direction. Ils se sont mis à privilégier dans leurs gestes l’intelligibilité et la précision, au détriment de la force et du dirigisme. Il en résulte que la direction d’orchestre à la française est plus codifiée techniquement que l’école allemande, cette technique obéissant à des règles fondamentalement naturelles qui n’appellent pas au départ l’adoption d’une posture directive. Cette direction s’appuie sur la loi universelle de la gravité.

 

Le regard du chef d’orchestre sur son métier

Le chef d’orchestre, même s’il peut être par ailleurs virtuose de son instrument, ne joue de rien au moment où il dirige. La musique vient évidemment du geste de l’instrumentiste, qui a devant lui une partition, qui a sa propre vision personnelle de l’œuvre, son ambition, et une idée de sa place dans l’orchestre. S’il ne joue de rien, à quoi peut-il servir dans le fond ?

Métronome intelligent, homme au pistolet du départ du 100 mètres, ingénieur du son qui détermine le volume sonore des uns et des autres, grand prêtre qui interprète l’oracle de compositeurs avec qui il n’a parfois rien en commun, ou simple mime un peu usurpateur qui interrompt la musique en répétition pour étaler sa science ? J’imagine que le chef d’orchestre est un peu tout ça à la fois. Il ne joue de rien, mais il fait jouer. Jouer ensemble, ce qui est la clé de la compréhension de son rôle. Tous ses gestes, ses regards, ses intentions dites ou suggérées devraient avoir pour seuls objectifs de faire jouer ensemble, profondément ensemble. Que chaque musicien puisse comprendre comment son interprétation personnelle peut rejoindre une interprétation collective, sans raboter sa propre personnalité.

En fonction du niveau de l’orchestre, de ses habitudes, des individualités multiples, de sa vision de l’œuvre issue de longues périodes d’étude de la partition, de l’acoustique de la salle, de la nature du public même, le chef propose une partition de gestes et d’attitudes qui permettront à l’orchestre de jouer comme un seul instrument, en respectant le mieux possible la volonté du compositeur. Il devient le messager de Beethoven, ce qui n’est pas rien mais c’est ce que doit oser l’interprète.

Imaginons à quoi pourrait ressembler un orchestre parfait. Il démarrerait parfaitement ensemble, accélérerait et ralentirait de manière coordonnée, il s’arrêterait sans laisser une note traîner (ce qui s’entendrait tout de suite). Il n’y aurait aucune fausse note, qu’on distingue malheureusement mieux qu’une note correcte, puisqu’elle rompt l’harmonie. Chacun saurait ce qu’il a à faire et, tout en regardant sa partition qui n’indique pas tout, chacun saurait quel est le sens de l’interprétation commune. Il jouerait fort quand c’est écrit forte, tout en respectant les autres volumes sonores qui l’entourent. Chacun se sentirait à la fois partie d’un tout, et valorisé par sa partie.

Cet orchestre existe parfois, par instants, sans rapport avec son niveau ou sa notoriété, à la faveur d’une page de musique très bien écrite, et souvent quand l’orchestre est en harmonie avec son chef. Pour atteindre cette harmonie, le chef a les outils de son corps silencieux en concert, il y ajoute ses mots en répétition. Démarrer, accélérer, ralentir, s’arrêter ? Généralement la main droite. L’expression, les volumes sonores, les départs donnés aux instruments, généralement la main gauche. Tant de combinaisons possibles, tant de gestes suggérés ou de personnalité dans l’usage des mouvements, du regard, de l’attitude générale, font que le chef d’orchestre peut développer un langage très personnel, parfois mal compris par le public, qui y voit souvent une chorégraphie à sa propre gloire, comme si finalement le chef faisait un peu n’importe quoi, par instinct. Pourtant, le chef apprend à diriger, et si Celibidace aimait à dire que diriger ne s’apprend pas, il eut tout de même de nombreux élèves et était réputé pour sa sévérité à leur égard…

Stanislas Renoult


 

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